2020-2023









2015



















2005-2012


Mark

Chikasui

2026


Prolonger le ciel dans la terre

Les eaux souterraines désignent en premier lieu les eaux qui s’infiltrent dans le sol et qui viennent alimenter une nappe phréatique. Du ciel à la terre, elles s'écoulent sur une surface végétale, de bitume, de gravier, d'arbres et de feuilles, puis traversent des strates de sable, de pierre. Elles sont parfois extraites pour répondre à une multiplicité d'usages, de la fourniture d'eau à la fabrication de biens, à l'irrigation, au nettoyage, etc. À cette relation à première vue utilitaire s'adjoignent des projections symboliques, des croyances,nourries par l'invisibilité de cette ressource. C'est le cas de Ryu-jin, la divinité de l'eau, nichée dans les infractuosités du sol.

À Kyoto, la ville a été établie dès l'ère Heian, sur une des plus importantes nappes phréatiques du pays. Cette omniprésence de l'eau a influencé l'émergence de pratiques ancrées dans le quotidien des habitant.es : la fabrication du tofu, du saké, des wagashis, les bains publics, la cérémonie du thé, les jardins.Explorer ce contexte, c'est révéler les liens qui existent entre la composition du sol, la géographie, la qualité de l'eau et les formes que prennent ces usages.Alors que l'urbanisation a entraîné une modification profonde du sol : drainage, disparition de certaines rivières, imperméabilisation, engendrant par là-même des phénomènes d’érosion, l'augmentation des risques d’inondation et des difficultés de recharge de la nappe, il est nécessaire aujourd’hui de redessiner un chemin pour l'eau souterraine, du ciel à la terre,qui favorise son retour au sol sans passer par le réseau d’assainissement. Cela implique de prendre en compte ses dimensions physiques, symboliques, pour concevoir des dispositifs qui la guident vers son cycle naturel tout en répondant aux nécessités des activités humaines.

En
résidence à la Villa Kujoyama à Kyoto, entre janvier et juin 2026, Isabelle Daëron a répertorié les objets qui jouent le rôle d’interface avec ces eaux invisibles au Japon. L’exposition Chikasui présente une première phase de recherche associant dessins et cartographie, où le seuil entre espace public et espace domestique s'estompe pour tendre vers un réancrage narratif et historique des eaux souterraines.


Un puits, installation, 115x115x55cm, carton, corde, cailloux

Dessin d’intention Chikasui, dessin au feutre, 9 formats 42x29,7 cm


Mur de recherches Chikasui, 336x178cm

Le mur de recherches constitue un outil central dans le travail d’Isabelle Daëron. Il s’agit d’un assemblage de formats A3 sur lequel elle dispose, au fur et à mesure de la conception du projet, de documents de nature hétérogène : photographies de site, extraits de plans, relevés, textes, dessins, textures, références iconographiques, gammes colorées, maquettes, etc. Ce mur permet de mettre en relation des données factuelles et des intuitions formelles, pour in fine élaborer un projet.


Un chemin des eaux souterraines, installation

Cette installation présente une recherche en cours sur les dispositifs d’accès aux eaux souterraines. À travers de références à certains objets traditionnels et à la mythologie japonaise, elle propose une mise en récit des dimensions utilitaires et symboliques de cette ressource. Elle est composée de 6 dispositifs décrits ci-après. Ces premières matérialisations en carton et papier gouaché constituent des pistes de travail à développer dans un futur proche.




Atlas des dispositifs d’accès aux eaux souterraines, dessin au feutre, 20 formats, 21x15cm



Tenugui Chikasui réalisé avec la technique Chusen par l’entreprise Shirushi zome

Lors de la résidence à la Villa Kujoyama, Isabelle Daëron a initié une collaboration avec la pâtisserie Kameya Yoshinaga à Kyoto. Cette pâtisserie produit depuis 1803 des wagashis en utilisant l’eau souterraine de la source Samegai.
Lors du vernissage de l’exposition, une cinquantaine de Chikasui no wagashi ont été réalisés par Kameya Yoshinaga et offerts en dégustation.








2026.06.26 -> 2026.09.13
Exposition à l’Institut Français de Tokyo, 15 Ichigayafunagawaramachi, Shinjuku City, Tokyo 162-8415, Japon

Organisation : Institut français de Tokyo
Co-organisation : Villa Kujoyama
Avec le soutien de : Fondation Bettencourt Schueller, ADAGP


Merci à Kameya Yoshinaga / kameya-yoshinaga.com et à Ooiri / ooiri-co.com pour leur précieuse collaboration ;
Merci à la Fondation Tara Océan pour la micro-résidence de Tokyo à Onomichi qui m’a permis de partir à la recherche du Ryugu-jo ;
Merci à l’équipe du Studio Idaë pour leur aide dans l’élaboration de cette exposition ;
Merci à CCCF et 51action pour la production du Chikasui Café ;

Crédits photo et vidéo : Kohei Yamamoto



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